Les masques en cas d’épidémie : vers un changement de paradigme ?

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Les masques en cas d’épidémie : vers un changement de paradigme ?

Résumé 

Profitons des leçons apprises au cours de cette pandémie inédite qui pourrait être durable, pour changer nos convictions, remettre en question nos vérités en matière de protection des hommes et femmes en général et des personnes qui, du fait de leur métier, de leur fonction ou de leurs responsabilités sont, au quotidien, exposées aux risques de transmissions des contaminations par autrui et par les malades, déclarés ou non.

De quoi est-il question ?

Le Sars-CoV-2 responsable du Covid-19 a provoqué une grave crise dans la gestion de l’épidémie : pour juguler une épidémie à virus respiratoire il faut des moyens à la fois matériels et stratégiques.

Les moyens matériels :

  • Des masques capables à la fois d’empêcher le virus d’être projeté dans l’atmosphère lors des éternuements, de la toux ou simplement de la parole (postillons), c’est la protection dans le sens expiration et empêchant aussi le virus se trouvant dans l’atmosphère d’atteindre une personne saine, c’est la protection dans le sens de l’inspiration ;
  • Des tests virologiques permettant de repérer les sujets positifs dans un double but : lui administrer un traitement et identifier les sujets contact ;
  • Des tests sérologiques pour identifier les sujets qui ont eu la maladie (surtout dans le cas du Covid-19 pour lequel il y a un très grand nombre de malades asymptomatiques) pour gérer au mieux la sortie du confinement, les sujets positifs étant immunisés ;
  • Un traitement contre le virus ce qui n’est pas encore le cas pour le moment ;
  • Un vaccin, qui comme pour le cas précédent n’existe pas encore, mais qui permettra une meilleure maitrise de la maladie dans le cas où elle reviendrait.

Les moyens stratégiques : les mesures barrières

  • Le lavage des mains pour éliminer les virus attrapés par contact avec une surface contaminée ;
  • Tousser et éternuer dans le pli du coude ou dans un mouchoir en papier à usage unique jetable ;
  • Ne pas porter ses mains au visage ;
  • Se tenir à plus d’un mètre les uns les autres ;
  • Ne plus se serrer la main et éviter les embrassades ;
  • Le confinement des populations à risque ou de toute la population.

Et les masques !

Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, le mot « masque » est sûrement celui qui a été le plus prononcé dans les médias !

Dans le domaine médical, l’utilisation des masques répond à un véritable « dogme » formulé par les autorités médicales puis politiques. Il n’y a que 2 types de masques :

  • le masque chirurgical à l’origine utilisé par les chirurgiens afin de ne pas contaminer le champ opératoire. Il fonctionne dans le sens de l’expiration ;
  • le masque de protection respiratoire type FFP dont les caractéristiques de filtration et de fuite vers l’intérieur permettent de distinguer 3 catégories : FFP1, FFP2 et FFP3 (FFPx).

Nous avons déjà détaillé toutes caractéristiques dans cet article.

Le virus SARS-CoV-2 se transmettant dans les gouttelettes respiratoires (taille supérieure à 5 µm) et non par les aérosols dont les particules sont inférieures à 5 µm), le port d’un simple masque chirurgical par l’ensemble des individus d’une population, chacun protégeant son voisin, aurait sans doute permis de freiner la propagation du germe, à condition bien sûr de respecter les mesures barrières décrites ci-dessus. Ces mesures ont été prises dans d’autres pays comme la Corée du Sud qui ont ainsi pu éviter un confinement grâce aussi à un grand nombre de tests de dépistage et un suivi strict des patients positifs.

En milieu hospitalier, les soignants sont en présence d’une très forte concentration de virus, surtout pendant l’accomplissement des gestes médicaux qui font tousser le patient (intubation par exemple). Pour eux l’indication d’un masque FFP2 est tout à fait justifiée.

Le manque criant de masques au début de l’épidémie a fait vaciller le dogme. Par manque de masques FFP2, on a équipé les soignants de masques chirurgicaux alors que leur taux de fuite vers l’intérieur est trop important pour ce type d’utilisation mais « c’était mieux que pas de masque du tout ». Puis on a déconseillé à la population sans symptômes de ne pas porter de masque (alors qu’on savait qu’un très grand nombre de personnes malades étaient asymptomatiques). Tout a été fait pour protéger prioritairement les soignants ce qui est tout à fait justifié.

Le dogme a encore été bousculé lorsque des organismes certificateurs comme l’AFNOR ont certifié des « masques alternatifs » ou « grand public » en tissu, faits maison et répondant à des critères de filtration et de respirabilité. Deux types de classes ont été introduites :  classe 1 (filtrant 90 % des particules) et classe 2 (filtrant 70 % des particules). Ceux de la classe 1 sont utilisés par des professionnels en présence d’autres personnes non masquées (un policier par exemple) et ceux de la classe 2, moins exigeants sont utilisés au sein d’un groupe de personnes toutes protégées (on reconnaît alors que le port du masque par l’ensemble de la population est un élément important de la non dissémination !).

Le sacro-saint masque en papier est bousculé au point de ne plus être utilisé selon les prescriptions habituelles. Plus que tout, on s’aperçoit que, dans des conditions particulières, il peut être officiellement remplacé par du sopalin ou des vulgaires morceaux de « tissus normalisés » !!!

Le changement de paradigme ! remplacer le FFPx par le FMPx

Nous avons déjà vu dans ce blog que le port du masque par la population est né pendant la 3ème pandémie de peste et en particulier pendant la peste de Mandchourie 1910-1911 et qu’il a permis, non seulement d’arrêter l’épidémie de peste mais aussi de responsabiliser le peuple chinois aux mesures d’hygiène. Les masques utilisés à l’époque pour se protéger de la peste étaient des versions plus épaisses du masque chirurgical utilisé dès 1897.

Actuellement, on entend par « masque » un morceau de papier plus ou moins élaboré, fixé avec 2 élastiques derrière les oreilles et protégeant le nez et la bouche. Le produit n’est pas très élaboré et son efficacité pour protéger un individu se mesure au taux de filtration et à la fuite en arrière, proportion de particules rentrant directement derrière le masque sans être filtré. Pour le masque le plus protecteur FFP2 (Filtering Facepiece Particles), c’est une filtration de 94 % et un taux de fuite intérieur de 8 % qui le caractérisent (les FFP3 plus difficiles d’utilisation sont moins utilisés dans le cas des épidémies virales).

Pourquoi ne pas remplacer le FFPx  (Filtering Facepiece Particles) par des FMPx (Face Mask Particles) ?

En d’autres termes, pourquoi ne pas remplacer les filtres papiers par des vrais demi-masques réutilisables ? Posons-nous la question.

Les masques FMP sont certifiés par la norme EN 1827/A1.

Contrairement aux filtres papier, les FMP sont de vrais appareils de protection respiratoire avec une jupe qui s’adapte parfaitement à la forme du visage. Les filtres sont interchangeables en fonction de la protection voulue.

Ces masques présentent plusieurs avantages :

  • réutilisables ils peuvent être nettoyés avec un produit désinfectant et leur destruction ont un impact écologique bien moindre que les filtres papiers ;
  • légers et physiologiquement adaptés ils peuvent être portés plusieurs heures ;
  • polyvalents par le choix du filtre en fonction de la protection désirée ;
  • coût bien moindre en récupérant le filtre et en lavant ;
  • efficacité garantie même si ils sont mouillés contrairement au FFP.

Comparons les masques FFPx et FMPx.

Les normes relatives aux FFPx (NF EN 149 + A1) et FMPx (EN 1827+ A1) catégorisent les performances en fonction des capacités de filtration et des taux de fuite vers l’intérieur. Les caractéristiques sont identiques pour les 2 catégories.

FFP1 et FMP1 >= 80 % filtration pour un taux de fuite vers l’intérieur de <=22% pour FFP1 et <=2 % pour FMP1

FFP2 et FMP2 > = 94 % filtration pour un taux de fuite vers l’intérieur <= 8% pour FFP2 et <= 2 % pour FMP2

Pour les FMP1,2 qui sont de véritables demi-masques d’autres caractères entrent en ligne de compte comme la nettoyabilité, la désinfection, la durabilité, etc.

  Conception Élimination Coût Disponibilité
FFPx Papier filtre + élastique Éliminé avec les DASRI Peu cher individuellement mais il en faut au moins 2 par jour Parfois en rupture de stock !
FMPx Vrai masque, léger, confortable, sangles réglables Filtre textile choisi en fonction des performances voulues, lavé et désinfecté. Structure du masque nettoyée Coût inférieur de 10 à 20 fois en fonction du filtre réutilisable 100 fois (ce qui correspond à 100 FFPx) Toujours à disposition avec une durée de vie de 5 à 10 ans

Le masque FMP1,2 OCOV® de chez Ouvry® comprend une pièce faciale souple recouvrant le nez, la bouche et le menton. Il peut être monté avec des filtres différents en fonction de la performance voulue. Les filtres sont remplaçables et désinfectables 100 fois. Son poids est de 60 g.

L’adaptation de la jupe au visage permet des taux de fuite extrêmement faibles (2 %), de telles sorte que pratiquement tout l’air pénétrant passe à travers le filtre. L’efficacité est donc maximale.

Une remise en question collective s’impose donc dès maintenant, pour qu’émerge et se développe une politique d’équipement de protection préconisant, pour les professionnels qui travaillent au contact du public en période de risques de contamination et de confinement, le port de masques de type FMPx qui sont reconnus comme étant bien plus efficaces que le « filtre papier » FFPx. Il s’agit par exemple des personnels de la police, de la gendarmerie, des postiers, des employés de magasins, des ouvriers dans l’industrie, des éboueurs, en résumé toutes celles et ceux qui sont exposés au risque de contamination au titre d’un service public ou d’un service vital pour le quotidien du citoyen.

En effet, le masque de type FMpx, qui a une efficacité équivalente mais est moins cher, est plus pratique et présente une empreinte écologique très réduite.  Il est aussi beaucoup plus rassurant pour celui qui le porte, qui l’entretient lui-même et qui le garde à sa disposition en cas d’alerte biologique. Il est possible, et même probable, que les simples citoyens, côtoyant des professionnels qui en sont équipés, s’habituent eux aussi, à l’usage de ces masques. 

Conclusion

Dans tous les cas, et sans attendre l’extinction de cette épidémie, une remise en question s’impose. Le FMP, qui présente l’avantage d’être réutilisable et d’apporter à celui ou à celle qui le porte un niveau de protection supérieur au masque de type FFP correspondant, trouve légitimement sa place dans l’offre d’équipement de protection contre les risquesd’infectionauprès du masque contre le Covid-19 « grand public » qu ‘Ouvry  fabrique aussisur la base d’un des tissus techniques de la tenue NRBC Polycombi®, destinée d’ailleurs au monde de l’urgence.

Il y a quelques années, lorsqu’Ouvry a remplacé les combinaisons de protection étanches, en plastique, inconfortables et jetables par la Polycombi®, plus confortable, plus efficace (sans d’effets de pompage) et lavable il avait déjà bousculé le paradigme des combinaisons de protection.

Avec OCOV aujourd’hui, il fait le choix de « l’innovation à l’écoute de l’utilisateur final ».

2 thoughts on “Les masques en cas d’épidémie : vers un changement de paradigme ?

  1. Bonjour,
    Vous ecrivez : »Le virus SARS-CoV-2 se transmettant dans les gouttelettes respiratoires (taille supérieure à 5 µm) et non par les aérosols dont les particules sont inférieures à 5 µm  » avez vous la source de cette information car je suis chirurgien dentiste et c’est justement la contamination par les aérosols qui est un problème majeur pour nous?
    Aussi j’aurai aimé en savoir un peu plus sur le cout du masque OCOV , ce masque est il autoclavable?
    Merci

    1. Jusqu’à maintenant, sauf une étude qui semble indiquer que le virus a pu voyager en aérosol dans le flux d’air d’un climatiseur de restaurant, tout laisse à penser que le mode de contamination se fait par les gouttelettes. En ce qui concerne les chirurgiens dentistes je pense que le risque par gouttelettes est aussi important que le risque aérosol et c’est pourquoi le masque OCOV est tout à fait adapté à l’exercice de votre profession (en plus il permet l’utilisation des lunettes voire de la visière)

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