Niveaux de risque et niveaux de confinement

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Niveaux de risque et niveaux de confinement

Les micro-organismes sont classés en 4 classes en fonction de l’importance du risque d’infection qu’ils présentent, de leur propagation et de…

Les micro-organismes sont classés en 4 classes en fonction de l’importance du risque d’infection qu’ils présentent, de leur propagation et de l’existence d’une prophylaxie :
Arrêté du 18 juillet 1994et Art. R. 231-61-1 du Code du travail

Ces agents biologiques sont classés en quatre groupes

— Le groupe 1 comprend les agents biologiques non susceptibles de provoquer une maladie chez l’homme ;
— Le groupe 2 comprend les agents biologiques pouvant provoquer une maladie chez l’homme et constituer un danger pour les travailleurs ; leur propagation dans la collectivité est peu probable ; il existe généralement une prophylaxie ou un traitement efficaces ;
— Le groupe 3 comprend les agents biologiques pouvant provoquer une maladie grave chez l’homme et constituer un danger sérieux pour les travailleurs ; leur propagation dans la collectivité est possible, mais il existe généralement une prophylaxie ou un traitement efficaces ;
— Le groupe 4 comprend les agents biologiques qui provoquent des maladies graves chez l’homme et constituent un danger sérieux pour les travailleurs ; le risque de leur propagation dans la collectivité est élevé ; il n’existe généralement ni prophylaxie ni traitement efficace.

Cet arrêté fixe la liste des agents biologiques pathogènes appartenant aux groupes 2, 3 et 4. Ce qui signifie que tout germe ne se trouvant pas dans cette liste est considéré comme appartenant au groupe 1 des germes non pathogènes.

Les germes appartenant au groupe 2 donnent des maladies plus ou moins sévères et sont très fréquemment isolés au cours des processus infectieux chez l’homme : citons par exemple, Staphylococcus aureus, Klebsiella pneumoniae et même Legionella pneumophila.

Les germes appartenant au groupe 3 sont connus pour être dangereux et peuvent donner des maladies mortelles. C’est par exemple Mycobacterium tuberculosis, Bacillus anthracis (qui est habituellement considéré comme une arme NRBCe potentielle) ou Brucella. Par exemple le VIH est classé dans le groupe 3 et non 4 car il existe des moyens de prophylaxie très faciles à mettre en oeuvre.

Quant aux germes du groupe 4 ils sont à haut risque pour le manipulateur. Aucune bactérie n’appartient à ce groupe, en revanche on y trouve les virus de Lassa, Marburg ou encore le virus Ebola. Ces virus sont aussi susceptibles d’être à l’origine d’armes NRBCe.

Dans ces conditions, ces différents agents biologiques doivent être manipulés dans des locaux de niveaux de sécurité équivalents : les agents des types 2, 3 et 4 seront manipulés dans des locaux de sécurité respectivement de niveaux 2, 3 et 4

Aucune précaution ne doit être prise pour manipuler des agents de niveau 1 : Bacillus subtilis retrouvé dans le yaourt n’est dangereux ni pour l’homme ni pour l’environnement.
Les laboratoires du niveau 2 sont typiquement les laboratoires de base. De simples paillasses, le respect de bonnes pratiques de laboratoire se traduisant par l’emploi des techniques rigoureuses de la microbiologie et de matériel de confinement primaire pour les techniques générant des aérosols suffisent à manipuler ces germes dans les conditions les plus sures.
Concernant le niveau 3 ou laboratoire de confinement, les germes sont manipulés dans des PSM (Postes de sécurité microbiologique de niveau III (double filtres HEPA, fermeture totale de l’enceinte, manipulations au moyen de manchons terminés par des gants).

Pour manipuler les micro-organismes du groupe 4 il faut un laboratoire de confinement haute sécurité encore appelé P4.

Ces laboratoires sont peu nombreux dans le monde (à peu près une vingtaine) dont 2 en France : le laboratoire P4 Jean Mérieux créé à Lyon en 1999 et le laboratoire de la DGA à Vert le petit qui a été récemment inauguré. Le niveau de sécurité est très élevé , les chercheurs y travaillent équipés d’un scaphandre maintenu en surpression pour les protéger de toute contamination. Le laboratoire est lui même maintenu en dépression afin de protéger l’environnement. Tous les déchets sont inactivés et l’air est filtré à travers un système de double filtre HEPA. Le laboratoire de Lyon est géré par l’INSERM et une dizaine d’équipes scientifiques l’utilisent.
De nombreux virus du groupe 4 y sont manipulés afin de mieux les connaître (séquençage, phylogénie, et surtout pour mettre au point des vaccins contre ces virus rapidement mortels.
Le laboratoire de la DGA permettra, entre autres, de mettre au point des systèmes de détection des armes biologiques de la menace NRBCe que constituent ces virus.

Ces laboratoires sont très onéreux, à la fois à la construction mais aussi dans leur fonctionnement. Ils sont néanmoins indispensables pour mener des recherches fondamentales sur des virus très dangereux (pouvoir pathogène, développement de vaccins, évolutions par mutations…) susceptibles d’être mis en oeuvre dans des armes NRBCe. La détection de ces menaces NRBCe, les moyens de décontamination et la mise au point de traitement font aussi partie des travaux indispensables à notre protection.

Référence : Sécurité au laboratoire de bactériologie clinique : D. Trepo, F. Guerraz, M.-E Reverdy, O. Robert, F. Renaud (eds) . in Précis de bactériologie clinique, J. Freney, F. Renaud, R. Leclercq, P. Riegel. Eska, 2007, 2013

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