Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen Orient : arme NRBCe ?

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Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen Orient : arme NRBCe ?

MERS-CoV est responsable d’une maladie dite « émergente » qui a fait son premier mort en juin 2012 et, au 31 mai 2015, il avait contaminé 1180 patients dont 483 en moururent (40 % de mortalité). De là à considérer qu’il provient d’une manipulation, il y a une grande marge que allons essayer d’expliquer.

Le coronavirus virus MERS a été isolé d’un patient décédé à Jeddah en juin 2012. Le ministre de la santé Saoudien a émis l’idée que le passage de ce virus chez l’homme pouvait provenir de sa militarisation. Qu’en est il ?

Définitions
Une maladie émergente est une maladie qui apparaît, se manifeste (devient visible ) de façon nouvelle ou inédite ex. SIDA (1981) ; SARS (2003), Légionellose (1976)…
Une maladie ré-émergente est une maladie qui s’est déjà manifestée, qui a plus ou moins disparu et qui réapparaît Ex : diphtérie, poliomyélite…

La maladie donnée par le nouveau virus MERS-CoV
Le syndrome respiratoire du Moyen Orient ou MERS (Middle East Respiratory Syndrome), est une pathologie respiratoire associant une fièvre isolée ou avec frissons, une toux, une dyspnée et parfois des troubles digestifs (diarrhées, vomissements, douleurs abdominales). D’autres cas sont asymptomatiques ou donnant des signes cliniques plutôt discrets.
Le premier patient a avoir été mortellement touché en juin 2012 par la maladie habitait Jeddah en Arabie Saoudite. Fin mai 2015, le bilan est de 1180 cas confirmés et 483 morts soit une mortalité de 40%. La grande majorité des cas se sont produits en Arabie Saoudite, et aux Emirats Arabes Unis. Les cas hors de ces pays, Europe, USA, Asie sont toujours rapportés à un voyage au Moyen Orient.
La transmission nosocomiale a été démontrée. La notion de maladie sous-jacente est aussi très importante car les patients les plus touchés sont souvent immunodéprimées ou atteintes de maladies chroniques (cardiaque, pulmonaire, rénale) ou d’un diabète ou un cancer.

Le coronavirus MERS-CoV
C’est un RNA virus simple brin. Il appartient à la lignée c de bêtacoronavirus tandis que le SARS-CoV appartient à la lignée b. Ce sont donc deux virus similaires. Les coronavirus présentent des taux de mutation et de recombinaisons élevés et une forte propension à passe d’une espèce hôte à une autre.

Epidémiologie
Pour le SARS, on connait bien maintenant la double transgression « rhinolophe-civette » et « civette-homme » avec une adaptation rapide à l’homme. La chauve-souris représente le réservoir et la civette (chat des fleurs en Chine) l’hôte intermédiaire permettant une adaptation du virus à l’hôte définitif représenté par l’homme. Pour le MERS, des séquences du virus ont été retrouvées chez plusieurs espèces de chauve souris mais sans pouvoir isoler le virus pour autant. Un passage direct du virus de la chauve-souris à l’homme paraît improbable alors plusieurs animaux caractéristiques de l’Arabie Saoudite ont été testés par la présence d’anticorps anti MERS. C’est ainsi que l’immense majorité des dromadaires de la péninsule d’Arabie ont été testés positifs. En revanche, ni les vaches, ni les chèvres, ni les moutons ne sont positifs. Une étude rétrospective a montré des sérums positifs chez des dromadaires de la péninsule dès 1992. Le virus circule donc depuis de nombreuses années.
La transmission du virus du chameau à l’homme peut se faire directement ou indirectement. Le virus se trouve dans les sécrétions nasales de l’animal et peut-être dans ses excréta (selles, urines). On le trouve aussi dans le lait ainsi que la viande qui est souvent consommée insuffisamment cuite en Arabie Saoudite.
La transmission entre les hommes se fait par les gouttelettes de pflugge, et les contacts directs avec les vomissures, les selles et l’urine (famille, amis, visiteurs, personnel médical)

Prévention
Pour éviter la transmission humaine il faut se protéger des gouttelettes en portant un masque chirurgical (N95) lorsqu’on approche le patient à moins d’un mètre, un tablier et des gants. Les soignants porteront aussi des lunettes de protection ou des protections du visage. Un patient diagnostiqué devrait être placé dans une chambre à pression négative pendant la durée des soins.

La menace
Très récemment, une flambée de la maladie est apparue en Corée du Sud avec 186 cas et 37 morts. Les hôpitaux ont même été obligés de fermer leurs portes pour accueillir les nouveaux cas. Le responsable était un homme d’affaire revenant d’Arabie Saoudite. S’il est relativement facile (lorsqu’on a bien mis les choses en place) de se protéger du virus Ebola en évitant tout contact avec les sécrétions du patient, il est beaucoup plus difficile de se protéger du MERS transmis par les gouttelettes de respiration.
Quand on sait que le virus voisin SARS s’est rapidement adapté à l’homme par réorganisation successives de son génome d’une part dans la civette et d’autre part chez l’homme, il y a lieu de s’inquiéter.

Le plus grand rassemblement de pèlerins au monde à la Mecque chaque année à toujours représenté une crainte chez les infectiologues : grippe, méningites, choléra, pneumocoques…Les autorités d’Arabie Saoudite déconseille fortement le voyage aux personnes à risques comme les sujets de moins de 12 ans et de plus de 65 ans, les femmes enceintes, les personnes immunodéprimées, celles qui sont atteintes de maladie chronique de diabète ou de cancer. La mortalité moyenne associée au Hadj est de 24 à 48 décès pour 100 000 pèlerins (généralement 3 millions de pèlerins). Il y a 7 hôpitaux à la Mecque ayant une capacité de 3 000 lits.
Des moyens de diagnostics facilement accessibles seraient le bienvenus et peut être des moyens de protections simples comme des masques afin d’empêcher la transmission respiratoire. Ne pas oublier l’aspect éducatif des pèlerins si on veut vraiment enrayer l’épidémie.

Arme biologique NRBCe ?
Il est très difficile de suivre les autorités médicales d’Arabie Saoudite qui, à la vue des séquences du premier virus MERS isolé ont cru y déceler des modifications génétiques réalisées en laboratoire à destination d’armes biologiques.
Personnellement, j’ai tendance à penser que les modifications environnementales rapprochant l’homme et les animaux (déforestation…), les modifications climatiques et toute autre modification comportementale laissent la porte grande ouverte aux virus de toutes sortes, lesquels, sans notre intervention, sont capables de modifier leur génome à l’infini pour s’adapter à de nouveaux hôtes en utilisant parfois des hôtes intermédiaires entre le réservoir et l’homme (civette pour SARS, dromadaire pour le MERS, porc pour la grippe…). Une grande vigilance s’impose donc de façon à mettre en évidence le plus tôt possible les maladies émergentes avant qu’elles n’anéantissent de grands pans de populations comme les pestes de Justinien et la peste noire qui ont tué la moitié des populations existantes alors.

Bibliographie

– Option bio Le nouveau virus MERS-CoV : attention danger. Mardi 19 novembre 2013

– A. Zumla, DS Hui, S. Perlman. Middle est respiratory syndrome. The Lancet, 386, 2015, 995-1007

– ZA Memish, MN. Mishra et al. Middle east respiratory syndrome coronavirus in Bats, Saudi Arabia. Emerg. Infect. Dis. 19, 2013,1819-1823

– EI. Azahr, SA. El-Kafrawy, et al. Evidence for camel-to-human transmission of MERS coronavirus. N. Engl. J. Med. Juin 2014, 1-7

– C. Chastel. Le Syndrome respiratoir du Moyen-orient (MERS). Qui est responsable, les chaves souris ou le dromadaire. Bull Soc Pathol Exot. 107, 69-73.

L’image est tirée du site : http://www.nursebuff.com/2015/03/mers-facts-for-nurses/

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