"Ils nous protègent, nous les protégeons."

Zika et Guillain-Barré.

Des chercheurs français appartenant à l’Institut Pasteur, au Cnam, à l’Institut Louis Malardé, du centre hospitalier de Polynésie Française et de l’AP-HP viennent de montrer un lien de causalité entre l’infection au virus Zika et le syndrome de Guillain-Barré.

La liaison entre le syndrome de Guillain-Barré et l’infection au virus Zika vient d’être démontrée par une équipe de scientifiques français.

Le virus Zika est transmis par le moustique Aedes aegypti et il a été démontré récemment qu’il pouvait aussi être transmis par voie sexuelle. Il provoque des symptômes grippaux bénins (fièvre, maux de tête, courbatures). En revanche, il est beaucoup plus dangereux lorsqu’il infecte une femme enceinte car il est soupçonné d’entraîner une microcéphalie chez l’enfant à naître.
Depuis le début de l’épidémie de Zika au Brésil à l’automne dernier on dénombre 641 nourrissons atteints de microcéphalie et 139 bébés décédés à cause de cette maladie.Le Brésil compte actuellement plus de 1,5 millions de cas cumulés d’infection au virus Zika

Le syndrome de Guillain-Barré est une atteinte inflammatoire (démyélinisation) des racines rachidiennes et des nerfs. Il se traduit par des paralysies flasques des membres et de la face. Lorsque les muscles de la déglutition et de la respiration sont atteints, le malade est en grand danger. Si le pronostic est relativement bon, certains patients peuvent conserver des séquelles motrices (10%) alors que d’autres peuvent décéder (5%).
Ce symptôme apparaît généralement après une maladie infectieuse bactérienne (Campylobacter jejuni...) ou virale (grippe...)

L’article est paru dans le "Lancet"
Cao-Lormeau VM, Blake A, Mons S et coll. Guillain-Barré Syndrome outbreak associated with Zika virus infection in French Polynesia : a case-control study . The Lancet. Published Online February 29, 2016 S0140-6736(16)00562-6

Il décrit une étude cas-contrôle menée sur
- 42 patients hospitalisés
en comparaison de 2 groupes contrôles
- 98 patients hospitalisés pour maladie non fébrile (appariés par l’âge, le sexe et le lieu de résidence) et
- 70 autres patients appariés pour l’âge et atteints d’une infection à Zika sans signe neurologique.

98 % des patients hospitalisés pour Guillain-Barré présentaient des IgM (93%), marqueurs d’une infection récente, ou des IgG antiZika et tous étaient porteurs d’anticorps neutralisants.
Dans le groupe de malades non fébriles, seulement 56 % étaient porteurs d’anticorps neutralisants.

Au total, 88 % des patients hospitalisés avaient présenté dans les 6 jours précédents des signes cliniques compatibles avec ceux d’une infection aiguë à Zika. Ceci montre que l’évolution a été ici beaucoup plus rapide que celle des Guillain-Barré classiques qui est généralement de 3 semaines.

Aucun des 42 patients n’est décédé mais seulement 57 % d’entre eux pouvaient marcher sans assistance 3 mois après leur sortie de l’’hôpital ce qui est un taux supérieur autres autres Guillain-Barré.

Enfin les auteurs estiment à 2,4/10 000 cas l’incidence du Guillain-Barré après infection à Zika alors qu’elle est généralement située entre 4 à 7 cas /100 000 sujets pour la grippe et entre 1/91 000 et 1/55 000 cas annuellement dans le monde, toutes maladies confondues.

La photographie est extraite de cet article : http://www.leparisien.fr/laparisienne/sante/zika-139-bebes-morts-et-641-atteints-de-microcephalie-au-bresil-02-03-2016-5591955.php#xtref=https%3A%2F%2Fwww.google.fr%2F

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